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La construction des canaux Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par Cécile   
Construction canalChaque canal a une histoire propre. Creusés en premier lieu pour assécher les marais, ils reçurent ensuite une fonction de jonction (Canal du Midi) ou furent creusés parallèlement à des cours d’eaux non navigables (Canal de Willebroek). Leurs instigateurs furent tantôt des rois ou des hommes politiques, tantôt des ingénieurs ou des aventuriers. Ces constructions furent motivées par des desseins politiques, stratégiques ou idéalistes. Certains canaux furent conçus juste après avoir été imaginés. D’autres en revanche, mirent des centaines d’années avant d’être creusés ou ne restèrent qu’à l’état de projet suite à des guerres ou à un changement de gouvernement, mais aussi plus simplement par manque d’argent ou par l’impossibilité de résoudre un problème technique comme le franchissement d’une crête, par exemple.

Presque deux mille ans avant notre ère, les Egyptiens creusaient des canaux. Le pharaon Sésostris III relia le Nil à la Mer Rouge, créant ainsi l’ancêtre du canal de Suez. Cet ouvrage fut cependant abandonné, puis restauré de nombreuses fois jusqu’en 1869, date de la création du canal de Suez actuel.

Au XVIe siècle, l’invention de l’écluse  à sas par Léonard de Vinci, ainsi que celle du canal à alimentation artificielle ouvrirent la voie à la construction de canaux plus longs, ce qui permit de développer ou de faciliter le trafic commercial. Il s’agit du troisième type de voie d’eau navigable en Europe, après les grands fleuves et rivières à fort courant (Rhin, Rhône) et les fleuves et rivières à courant modéré (Seine, Meuse).

 

canal ecluse

 

Avant l’apparition des canaux de jonction, la navigation était surtout régionale. Les femmes restaient à terre avec le reste de la famille, tandis que les hommes partaient naviguer. La construction de ces nouveaux canaux joua un rôle important dans la navigation intérieure, permettant de partir plus loin et donc plus longtemps. On aménagea dès lors une partie du navire en habitation.

Dès le XVe siècle, on creusa des canaux à travers la Belgique. En 1434, Philippe Le Bon autorisa la canalisation de la Senne. Marie de Bourgogne fit ensuite construire le canal de Willebroek, qui fut inauguré en 1561. Peu après, naquit l’idée d’entreprendre la création d’un canal entre Charleroi et Bruxelles, puis celle d’un autre, reliant Mons au précédent. En 1818, le canal de Saint-Quentin mit en communication Paris et le Borinage. Par après, on voulut relier les bassins de la Meuse et de l’Escaut, mais la configuration du terrain posa problème. En effet, il fallait racheter une différence de niveau de 90 m et l’installation de quatre ascenseurs hydrauliques s’imposa. Le premier ascenseur à Houdeng-Goegnies fut terminé en 1888, mais les travaux s’arrêtèrent pendant une trentaine d’années, laissant cet ascenseur fonctionner à simple titre de curiosité. Le canal fut finalement ouvert à la navigation en 1917.
La batellerie prospéra rapidement, mais au milieu du XIXe siècle, elle connut un concurrent redoutable : les chemins de fer, préférés par de nombreux hommes politiques. Pourtant, le Baron Charles de Saulces Freycinet, ministre français des travaux publics, proposa un important programme de création et de modernisation des voies navigables. Il fixa, entre autres, des dimensions minimales aux voies navigables, basées sur un type de bateau du Nord, la péniche flamande (38,50 x 5,20 m). Celle-ci, surnommée plus tard freycinet, deviendra le type de bateau le plus usuel. Au même moment, une loi semblable fut votée en Belgique. Pendant un siècle, les infrastructures ferroviaires évoluant sans cesse, provoquèrent la régression de la circulation fluviale. Enfin, les années 1970 virent le transport routier supplanter celui les chemins de fer avec plus de 50% du marché des transports, laissant loin derrière lui le trafic fluvial.

Malgré tout, en 1982, l’édification des ascenseurs de Strépy-Thieu, destinés à racheter une chute de 73 mètres sur le Canal du Centre, fut entreprise. Aujourd’hui, ce sont les plus grands ascenseurs à bateaux du monde.
Depuis les années 1950, la quasi totalité du réseau wallon est adaptée aux normes européennes, permettant le déplacement de péniches de 1350 tonnes à travers le pays. La Belgique dispose d’un réseau de voies navigables de plus de 1500 kilomètres. Il constitue un carrefour essentiel du réseau européen entre la France, l’Allemagne et les Pays-Bas, permettant également un accès vers les zones portuaires telles qu’Anvers et Rotterdam.

 
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