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SUJET: [Article de presse] Les Londoniens à l'eau
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Xavier (Admin)
Bateau Ange-Gabriel
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Sexe: Masculin Ange-Gabriel xaviervd@hotmail.com Lieu: Namur Date de naissance: 1969-01-17
[Article de presse] Les Londoniens à l'eau 8 Moiss, 3 Semaines ago Karma: 0  
Les Londoniens se jettent à l'eau!

Londres

La dernière tendance immobilière pour les Londoniens? Oubliez les lofts des anciens quartiers industriels. Depuis que la Tamise s'est refait une beauté, les péniches ont le vent dans les voiles.

Habiter seul est un luxe que peu de jeunes Londoniens peuvent s'offrir. Karen Hurley est une des privilégiées. L'enseignante d'une trentaine d'années est reine de son capharnaüm qu'elle loue 800$ par mois. Une bouchée de pain pour son quartier huppé, Kew Gardens, dans le sud de Londres.

Il y a trois ans, la jolie blonde, qui se décrit comme un ermite, voulait en finir avec la colocation. L'ami d'un ami lui a lancé une bouée de sauvetage: une péniche de neuf mètres sur la Tamise.

Karen est devenue une mordue du _style_ de vie marin. «Je me sens plus près des éléments», dit-elle dans sa minuscule cuisine, doucement bercée par les vagues. «J'aime entendre la pluie tomber à quelques centimètres de ma tête. Et j'aime ouvrir les yeux le matin pour voir un cormoran devant mon hublot.»

Plus que jamais, les Londoniens ont le pied marin.

La preuve: il n'y a plus de places de mouillage disponibles depuis belle lurette dans la région métropolitaine. Il faut au moins cinq ans d'attente pour une des 2000 places, selon la société de gestion des canaux londoniens, British Waterways. La demande dans la capitale a doublé depuis 10 ans.

Environ 20 000 personnes ont élu domicile sur les voies d'eau de la Grande-Bretagne. James Muggoch, un antiquaire qui est capitaine de son 30 mètres depuis 44 ans, loue quatre bateaux sur la Tamise depuis plus de 10 ans. Il n'a pas publié de petite annonce depuis longtemps. Le bouche-à-oreille suffit pour trouver des locataires.

«Quand j'étais petit, les habitants des péniches étaient des marginaux, des artistes sans le sou, explique-t-il. Aujourd'hui, j'ai de tout comme locataires, des financiers comme des paysagistes. C'est devenu un symbole de prestige.»

Pourquoi cette popularité? La régénération des plans d'eau de Londres, selon James Muggoch. «Avant, on pouvait traverser la Tamise sans se mouiller les pieds, elle n'était qu'une montagne d'immondices, raconte le marin. Si on avait le malheur d'y plonger, c'était direction l'hôpital!»

«Par comparaison à aujourd'hui, c'est le jour et la nuit. Le fleuve a été nettoyé de fond en comble, la faune aquatique est revenue, c'est un environnement beaucoup plus attrayant.»

En 1957, la Tamise avait été déclarée biologiquement morte. Aujourd'hui, des dauphins, des phoques et même de rares espèces d'hippocampes y vivent.

Trésors marins

Pour Pete Simmons, graphiste de 25 ans, partager le «Heron's Rest», un ancien restaurant flottant de 27 mètres, avec ses quatre colocs est un peu un retour aux sources.

«Mon père construisait des bateaux dans ma jeunesse, dit-il. Vivre sur l'eau est très reposant. Puis ça nous permet de faire de très bons partys!»

Les matelots ont d'ailleurs converti l'ancien bar de pin en espace DJ. Par temps ensoleillé, ils peuvent paresser sur le toit et regarder des rameurs s'exercer pour les courses d'aviron.

Ce _style_ de vie attire aussi les baby-boomers qui ont les moyens de leurs rêves. Le photographe Steve Symonds vit dans une péniche qu'il rénove à temps perdu. L'immense cale lui servira autant de studio que de salle à manger. Il impressionnera sans doute ses convives avec son toit ouvrant automatique.

«C'est comme habiter dans une maison, sauf que je me rends à mon pub en chaloupe», dit l'homme de 62 ans. Il s'est promis de faire le tour de l'Europe à bord de sa barge de 23 mètres.

Vivre sur l'eau ne manque pas de piquant. Peter et son équipage ont déjà récupéré un banc public des flots. Il a maintenant une seconde vie sur leur terrasse.

De son côté, Karen Hurley a déjà assisté à une tentative de suicide qui a tourné à l'absurde. «Le mec était complètement saoul, dit-elle. Il criait: "Laissez-moi tranquille, je veux mourir!" Quand il s'est jeté dans le fleuve, l'eau lui arrivait aux cuisses. C'était la marée basse...»

Source :

Mali Ilse Paquin - La Presse - Collaboration spéciale

http://www.cyberpresse.ca/article/20080418/CPACTUEL/804180785/6685/CPACTUEL
 
 
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